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Un maillon manquant de la voile chinoise ?

Un maillon manquant de la voile chinoise ?

Messagepar Laurent » 06 Juin 2013, 19:18

Bonjour,


voici un extrait du très bel ouvrage "Le grand livre des voiles et gréements"
Éditions Chasse Marée/Glénat
Co-écrit par Bernard et Michèle Cadoret, et Claude Mahot.


[ La voile à perches lattée de la lagune de Chilika: un des maillons manquants dans la préhistoire de la voile chinoise? ]

Naukas du lac Chilika, 2004
Ces bateaux naviguent dans la lagune d'eau saumâtre de Chilika, dans l'Etat indien d'Orissa, qui communique avec la baie du Bengale. Ces voiles à perches hautes et étroites sont lattées « à la chinoise » et s'appuient sur leurs espars, comme sur l'Indus. Une des trois voiles semble gréée de façon à pouvoir naviguer au vent de travers. Les deux autres sont bien verticales et perpendiculaires au bateau. On distingue les bras qui soutiennent cette mâture sur l'arrière.





La voile à perches des Naukas de la lagune de Chilika (ci-dessus), au fond du golfe du Bengale, est tout à fait singulière. Les deux perches quasi parallèles supportent une voile lattée à la chinoise de proportions haute et étroite. Autre trait peu répandu (mais présent sur l'Indus), la voile est établie en arrière des espars, sur lesquels elle vient s'appuyer. Ce gréement original et méconnu pourrait constituer un des maillons manquants de l'histoire peu documentée de la voile chinoise. Il faudrait rechercher si le lattage de ces voiles de la lagune de Chilika est ancien.
Cette partie de la côte de l'Orissa a conservé une forte tradition maritime remontant à l'Antiquité. Celle-ci se manifeste par de grandes fêtes religieuses et populaires que vient renforcer l'apport de l'archéologie. Des trouvailles de monnaies romaines, une tablette ex-voto rédigée par un marin grec, de la céramique chinoise semblent bien confirmer que cette région a constitué dans l'Antiquité un important carrefour des routes commerciales maritimes qui a pu accueillir des techniques véliques venues de régions éloignées de l'Empire romain.





Dessin d'après une photographie ancienne
Ce bateau du Chilika est doté d'un gréement bridé par plusieurs étais. Il est plus puissant que celui de la photographie ci-dessus.





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Re: Un maillon manquant de la voile chinoise ?

Messagepar eric17 » 07 Juin 2013, 17:06

François Baudoin donne une origine commune à toutes les voiles rectangulaires : un bonhomme debout dans sa pirogue, qui tient à bout de bras une surface rectangulaire (natte tissée ou peau de bête).

Mais comme c'est fatiguant de tenir ça, le bonhomme a rapidement trouvé une astuce : mettre 2 bouts de bois à la place de ses bras et de son corps. Et c'est là qu'il y a deux solutions :

1/ deux morceaux de bois en croix (comme les bras du bonhomme), c'est à dire un mat vertical et une vergue horizontale accrochée en haut,
2/ deux perches verticales ou un peu inclinées en V (suivant largeur de la coque), aux extrémités desquelles on amarre les coins supérieurs de cette voile.

Ce qui donne 1/ les voiles carrées, et 2/cette formule chinoise symétrique, que je ne connaissais pas, ou, après une rapide évolution, la voile à livarde, où une des perches est devenue fixe, quasi verticale et plus grosse, alors que la 2ème est oblique et orientable.

C'est donc un type de gréement très ancien, 4000 ans au moins, sans doute bien davantage ! (moi je parie sur 40 000 ou 30 000 ans, les aborigènes d'Australie étaient bien trop intelligents pour se taper tout ce chemin à la pagaie).

Il ne restait plus qu'à inventer le carbone, le mylar, le kevlar et quelques bricolages d'un intérêt douteux ...
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