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Quel type de voile sur mat autoporté non rotatif ?

MessagePosté: 29 Déc 2019, 19:11
par Laurent
Bonjour

je lance le sujet pour être moi même confronté à la question via mon Freedom 35 dont une des évolutions possibles, en terme de voilure, pourrait être un retour vers deux voiles de type bermudienne classiques, et non, deux ailes hybrides. ou deux voiles de jonque.
Seulement voilà, la manière de gréer ces voiles peut suivre différentes déclinaisons.

Aux USA et en Europe, les cat-boat/cat-ketch les plus répandus sont les Freedom première génération et les Nonsuch.

Prenons le cas des Freedom à leurs débuts:

Un Freedom 40
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Un Freedom 35
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Idem
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Le concepteur des Freedoms, Gary Hoyt, décida de doter ses unités de voiles double-plis qui allaient entourer les mâts et créer ainsi du profil épais, le tout gérer par des wishbones.
C'est un profil trop mince, diront certains plus tard, pour apporter un réel gain de performance.
Le concept a été présenté comme performant par Gary Hoyt, à l'appui quelques victoires de Freedom (35 et 40) lors de compétitions dans leur catégorie. Ces Freedom première génération marchent bien grâce à leur carène affutée (en droite ligne des dessins du génial Herreschoff)
Cependant, une contrepartie de taille allait décevoir bon nombres de propriétaires: la prise de ris s'avère plutôt difficile. Il faut faire des plis pour amener la voile vers le bas, ce qui n'a rien de simple lorsque le vent monte.

Du coup, de nombreux propriétaires ont abandonné cette voilure pour évoluer vers la grand-voile bômée + coulisseaux/chariots + rail fixé sur les mâts.

Un Freedom 35
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Un Freedom 44
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Un autre Freedom 44
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Un Freedom 33 sous voiles
phpBB [video]


C'est exactement le type de voilure qui équipait mon Freedom 35.
Avec l’expérience que j'ai acquise de son utilisation, je vais abandonner cette configuration, sans la moindre hésitation, pour deux raisons :

1 - La présence d'une bôme change beaucoup la donne:

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La bôme est le lieu de la concentration des efforts où tout se joue dans la "raideur".
Cela surprend souvent ceux à qui j'évoque ce point.
Quand tout va bien sous voiles, il n'y a que l'écoute de GV qui vous renvoie cette dimension concentration d'effort.
Si vous rencontriez de graves problèmes au niveau du vit de mulet, vous seriez sans doute étonné de la force exercée en ce point.
Sur ces mâts autoportés, il faut renforcer cette zone car les efforts en jeu sont beaucoup plus importants qu'on peut le croire à priori. Surtout aux allures portantes. En gros, le mât est soumis à des efforts en rotation. Éventuellement, il y a intérêt de renforcer aussi l'emplanture. Sur mon Freedom 35, lors de l'achat, les deux mâts avait bougé. Une rotation de 20 degrés: du coup les vits de mulet étaient désaxés. L’emplanture, de conception non prévue pour ce type d'efforts, n'avait pas réussi à maintenir en place les mâts.
D'autres part, il faut ajouter un hale-bas qui conjointement au palan de GV créent deux points de fortes tensions supplémentaires. Il m'est apparu qu'il était dommage de concentrer de tels efforts sur des mât autoportés dotés d'une certaine souplesse, que l'on aimerait voir gréés d'une voilure où tout se joue dans………la souplesse.

2- Fixer un rail sur un mât en carbone peut poser problème à moyen terme. Cela a été le cas de mon Freedom 35 dont j'ai vu les rails se détachés par le bas au cours d'une longue navigation.
Certes, les rails étaient fixés avec des rivets, et il y a meilleur moyen de fixer sur du stratifié carbone mais quand même, l'idée continue de me déplaire


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Comment ré-introduire un peu de souplesse: Le gréement G10

MessagePosté: 11 Avr 2020, 17:31
par Laurent
Des solutions existent déjà depuis pas mal de temps.
Rien n'a été inventé d’ailleurs, il s'agit juste de mettre à jour des techniques anciennes.

Un exemple que je trouve très pertinent est ce qui a été développé par Gio Schouten sur son Freedom 35, gréement qu'il a nommé G10.

Plutôt que des rails, la liaison de la voile avec le mat se fait avec un transfilage, technique ancestrale remit au gout du jour grâce aux cordages performants.
À la place d'une bôme, un wishbone: il est assujetti au mat via un bout ou/et une sangle ce qui apporte un peu de souplesse. D'autres part, le wishbone permet de s'abstenir de hale-bas.
J'ai déjà abordé le sujet wishbone dans cet article


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La principale caractéristique du gréement G10 est l'utilisation d'un cordage "libre" (ligne pointillée rouge) qui passe au dedans de la gaine en tissu qui constitue la ralingue du guindant de la grand-voile, alors qu'habituellement, la ralingue est un cordage fixé/cousu dans la gaine.
Ce cordage passe donc librement dans cette gaine et n'est attaché à la voile qu'en haut de celle-ci (1)
Il forme ainsi une sorte d'étai. Sur ce Freedom 35 nommé "Samiel", il a été utilisé du Dyna One de chez Gleinstein. Cordage très robuste et cependant léger. Le diamètre choisi fut du 12mm ce qui semble largement dimensionnée quand on connait les performance des bouts composés de spectra/dynema.
les deux grand-voiles se hissent normalement.
Une fois la voile hissée, le cordage/ralingue est tendu depuis le cockpit en tirant sur la "rallonge" (13). Celle ci ess du Dina Mix toujours de chez Gleinstein.

La voile est maintenue au mât avec des sortes de rabans courts (11). Le haut du raban est fixé/cousu sur le guindant, l'extrémité inférieure passe dans un oeillet et se trouve bloquer par un noeud.

Le raban du haut est une simple boucle horizontale(12), un collier, qui permet un meilleure maintien de la voile lors des prises de ris. D'autres, le point de drisse d'un voile demande toujours d'être renforcé aussi sur sa fixation. Ce collier est composé de boule en bois (la plupart du temps en buis) permettant de réduire la friction.







La preuve qu'on invente pas forcément: voici la photo d'un sharpie situé en Caroline du nord, qui date de 1885…

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À suivre…


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